Art du Chi en pays nomade : Mongolie (juin 2016) et Kirghisztan (septembre 2016)

Le temps de la marche est celui de l'instant : pied posé qui s'enfonce comme une racine, regard à l'horizon qui dérobe les distances, course du soleil comme la ronde de l'éternité. La respiration devient une cadence naturelle, un échange avec l'espace qui nous accueille, le flux de la vie qui berce et soutient l'effort. La présence des hommes nomades de cette terre est un témoignage d'union avec les éléments, avec leurs offrandes et leurs exigences.

Inscrits dans le rythme du mouvement cyclique des migrations, ils arpentent la terre toujours promise. C'est pour nous un jalon dans l'histoire de l'humanité et partant, avec celle inscrite dans nos gènes et nos cœurs, la résurgence d'un état intérieur qui ne demande qu'à être contacté et vécu, au présent : confiance en la promesse toujours renouvelée, ouverture à l'instant, vide prêt à recevoir, accueil inconditionnel...

La journée est entrecoupée des pratiques de Qigong et Tai Chi Chuan selon les endroits traversés (environ une moyenne de 3 heures par jour). Il y a également les préparations au sol (les étirements du matin !) et la récupération du soir (les automassages et la relaxation décontractante !), avec une grande adaptabilité aux possibilités de l'instant.

 

RENCONTRE AVEC LES ELEMENTS :

 

Pont entre le Ciel et la Terre l'homme étend les bras comme pour toucher les confins et faire rayonner le soleil de son centre, le Tantien en chinois (le centre énergétique ou la « porte du Ciel »). Mais il ne peut être écartelé entre ces deux extrêmes. En des mouvements lents comme autant de massages des flux de l'espace, comme autant de caresses des veines de la terre, il tente de réunir le Ciel / Terre en lui.

 

Le regard balaie l'espace vertigineusement ouvert, les mains se remplissent de la vibration de la terre, la sève monte et sature le corps d'énergie brute.

 

Accueilli avec bienveillance par la terre comme en un berceau, on s'allonge, on s'abandonne et on relâche nos tensions. Conscient de son appui solide sous nos pieds, on évolue autrement dans l'espace, de manière plus unifié, moins désordonné. Arrimé à cette immensité, on apprend à faire confiance à ce qui nous dépasse et nous traverse.

 

RENCONTRE AVEC LES HOMMES :

 

Un geste net, précis, sans effort, lancé par l'artisan, de ceux qui cent fois sur le métier ont remis leur ouvrage... Un démarche comme coulée dans l'espace, une succession de gestes quotidiens comme une chorégraphie archaïque et vraie, celle héritée de la survie dans des conditions naturelles et brutes...

 

Qu'est-ce que ces gestes, ces mouvements ont en commun ? Pourquoi suscitent-ils chez nous une émotion particulière, pleine de respect ? A première vue, c'est l'économie de moyens, la simplicité, la fluidité et la facilité qui sautent aux yeux. Mais au-delà de ce que le premier regard perçoit, ces gestes paraissent habités. Chacun de ces gestes a mobilisé la présence totale des êtres qui les ont exécuté. Leur attention la plus complète mais dénuée de toute tension, disponible à accueillir ce qui les traverse : résumé d'une vie d'expérience, de l'héritage d'une espèce, disponible à ce qui est commun à tous les êtres, à ce qui traverse qui s'efface...

En notre société où la performance est critère, où le spectaculaire est le but, où ça doit « en jeter » pour être crédible, pour vendre, pour séduire, ces gestes simples passent souvent inaperçus. Mais quand on est prêt à les recevoir, ils nous offrent alors des moments d'éternité, des instants de présent suspendu, témoins d'un état de présence.

 

POUR QUI ?

 

Les débutants sont les bienvenus : particulièrement attentive aux sensations, au ressenti plus qu'à l'exécution d'un mouvement exact, notre approche du Qigong et du Tai Chi Chuan est ouverte à tous et ne demande aucun pré-requis physique. L'apprentissage des mouvements se fait sans recours à la mémoire mentale mais uniquement par la mémoire corporelle.

 

C'est un dépaysement de tous ordres, autant intérieur – percevoir autrement son corps, le mouvement corporel – qu'extérieur avec cette plongée dans l'univers des nomades.

 

Rencontre avec les éléments et les hommes, rencontre de soi-même, rencontre d'un autre monde : autant de rencontres qui se nourrissent et nous ouvrent le cœur...

 

 
DEUX PAYS NOMADES, DEUX VOYAGES

Le voyage en Mongolie est une randonnée itinérante et s'adresse plutôt aux amoureux de la marche : du 16 juin au 2 juillet 2016...

Le voyage au Kirghisztan est un séjour en villages qui inclue également des ballades : du 3 au 18 septembre 2016...

 

Tous les détails des programmes et des prestations sur les fiches de RENCONTRES AU BOUT DU MONDE ci-jointes...