Le vol des oies sauvages

Une formation en V survole nos têtes avec des cris de guerriers, comme une flèche tirée de loin, qui vise une cible encore lointaine...

Comment les oies sauvages font-elles pour rester en vol groupé sur des milliers de kilomètres au travers de tempêtes et coups de vent ? Comment font-elles pour voler d'un tel ensemble, d'un même coup d'aile ? Comment font-elles pour virer d'un coup de bord, « comme un seul homme » ?

Les ornithologues nous parlent de courants porteurs, des flux d'air qu'elles repèrent et sur lesquels elles se déposent pour économiser leurs forces, mais aussi de la portance développée par le groupe tout entier, à tel point qu'elles se relayent en tête pour profiter à tour de rôle du meilleur soutien de la volée...

Nous qui nous sommes bien éloignés des perceptions des oies sauvages, nous pouvons retrouver le plaisir de nous laisser porter en lâchant les tensions et en abandonnant la volonté.

Nous pouvons nous laisser emporter par les courants de Chi (l'énergie vitale, en Chinois), nous déposer et ne faire plus qu'un avec le mouvement du groupe, qui n'est plus « qu'un seul homme »...